La Ruche, repaire d’artistes depuis les années 20

Avec l’arrivée des premiers jours de soleil, j’ai repris mes balades parisiennes à la recherche de lieux encore inconnus à vous faire découvrir – plaisir d’offrir, joie de recevoir
Je suis allé trimballer mon Nikon dans le 15ème arrondissement, arrondissement qu’il ne connaît pas bien peut-être parce qu’inconsciemment la parisienne que je suis a toujours trouvé le 15ème un peu chiant
Je suis allée mettre mon préjugé à l’épreuve, une expérience que je vous raconterai dans un autre article, très bientôt, promis!

Parmi mon objectif de la journée : entrer dans la Ruche. Pas la Ruche qui dit oui, la vraie Ruche du début du XXème siècle, LE lieu de création artistique de Paris après la première guerre mondiale lorsque Montparnasse a supplanté Montmartre… Une époque qui me fascine complètement et dont je vous ai déjà parlé ici et .
La Ruche hébergeait le peintre sans le sou, le sculpteur affamé, le poète aux poches percées. Modigliani y vivait tout comme son ami Soutine, Chagall côtoyait Léger, Henri Laurens, Blaise Cendrars, Zadkine ou Archipenko y étaient voisins. On y parlait toutes les langues et cela devrait être incroyable d’y habiter…

Pour la petite histoire, ce lieu qu’avait acquis le sculpteur Alfred Boucher (1850-1934). Mécène dans l’âme, il avait acheté le pavillon des vins de Bordeaux de l’Exposition Universelle pour aider des jeunes artistes sans ressources et les y loger. Difficile de s’imaginer comment ce bâtiment octogonal a été transporté là en 1908 ! D’autant plus, qu’à l’époque, elle était reliée à Montparnasse par un tramway tiré par deux chevaux!

Baptisée la Ruche pour évoquer l’activité intense de ses artistes, le bâtiment est pratiquement invisible de la rue. Vous ne verrez qu’un grand immeuble industriel puis une grille fermée et un pavillon dont la porte principale est entourée de cariatides.

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Impossible de rentrer. La porte est bien gardée et les artistes – La Ruche n’a pas perdu sa vocation et héberge toujours une cinquantaine d’artistes qui y travaillent à leurs prochaines œuvres – prennent soin de taper le code à l’abri des regards. J’ai tenté ma chance à la troisième qui avait l’air moins hostile à ma dégaine de touriste (j’avais fait très fort ce jour-là avec lunettes de soleil, appareil photo en bandoulière et guide à la main…) et nous a laissés passer en nous intimant d’être discrets…

J’ai tout donné pour vous faire découvrir le lieu tout en respectant ma promesse en faisant le moins de bruit possible avec le déclencheur de mon reflex – ceux qui en ont un, savent le challenge auquel je me suis confrontée!

A l’intérieur, c’est tout bonnement surprenant : au centre de la propriété, le pavillon des vins composé de nombreux petits ateliers d’une trentaine de mètres carrés, autour du pavillon s’élèvent des constructions faites de bric et de broc qui entourent un grand jardin avec des sculptures un peu partout et des chaises abandonnées… C’est la campagne à Paris version bohème!

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La Ruche, 2 Passage de Dantzig, 75015 Paris. M° Convention. Fermée au public.

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11 comments on “La Ruche, repaire d’artistes depuis les années 20

  1. un moyen facile d’y entrer c’est de participer à une visite guidée. Les guides conférenciers en proposent régulièrement aux beaux jours ( on peut trouver leurs visites sur l’officiel des spectacles ou sur Paris ballades)

  2. Salut ! Je te remercie pour ce beau partage. J’adore les lieux insolites et celui-ci a l’air vraiment magnifique. Les photos parlent d’elles-mêmes (rire).

  3. Un grand merci pour ce partage. J’ai eu le privilège de découvrir ces lieux la semaine dernière et j’en suis encore toute émerveillée… J’y ai rencontré le céramiste Léonard Léoni, qui est quasiment né dans cet endroit absolument magique et qui, le regard pétillant, m’a raconté tous les personnages incroyables qui ont hanté cet incroyables repaires d’artistes caché au milieu des rues. Ce moment restera inoubliable pour moi.
    Merci pour ce blog fantastique où je vais très certainement piocher plein d’idées pour mes prochaines flâneries… Au plaisir de croiser nos objectifs respectifs au détour d’une ruelle…

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