Balade dans le Paris des artistes

Samedi dernier, je suis allée faire un tour à Montparnasse pour la sortie du dernier livre de ma collection chouchou, Parigramme. J’ai bien fait de me déplacer : ils avaient bien fait les choses, une petite balade avec un conférencier qui narrait des anecdotes passionnantes sur le Montparnasse des années 20-30.

Délaissant Montmartre, les artistes font de Montparnasse leur QG et habitent à quelques rues, les uns des autres. Ainsi, à son retour de la première guerre mondiale, Fernand Léger s’installe au 86 rue Notre-Dame des Champs, l’incontournable André Salmon éditeur-chroniqueur-écrivain vit au 73 et Modigliani, toujours sans le sou, habite chez son ami-marchand Zborowski au numéro 3 de la rue Joseph Barra où demeure également le généreux Kisling, peintre à succès, connu pour ses incroyables fêtes.

Les autres – Chagall et de nombreux peintres juifs venus des pays de l’Est – avaient élu domicile dans des Cités d’artistes (la Ruche ou la cité Falguière). Contrairement à ce qu’on pourrait penser (enfin moi, je ne présage pas de vous), le quartier était fait de bric et de broc et les ateliers d’artistes n’y échappaient pas, la plupart comme le chemin des artistes et la cantine de Marie Vassiliev étaient  construits avec des matériaux de récup!

Mais à cette époque, la vie et l’art se faisaient surtout dans les cafés. Hemingway, gêné par le bruit de sa fille, partait souvent écrire à la Closerie des Lilas modeste et peu chère que l’on retrouve dans Paris est une fête. C’est à la Rotonde à partir de 1910 puis surtout au Sélect dès 1924 que se retrouve tout ce beau monde et à la Coupole en 1927. Nouveauté pour l’époque, le Sélect est ouvert presque toute la nuit et propose de nombreux plats internationaux pour répondre aux attentes des nombreux Américains – au premier rang desquels Gertrude Stein très proche de Picasso – installés en Paris attirés par un change particulièrement attractif.

Pour la petite anecdote, c’est au Sélect qu’aura lieu la première rencontre entre Soutine, un grand ami de Modigliani et Pacsin, le prince des trois monts (Montmartre, Montparnasse et Mont de Vénus) qui se passe d’ailleurs très mal.

Le quartier regorge également d’Académies d’art ouvertes pour certaines d’ailleurs aux femmes – Marie Laurencin étudiera à celle de la rue Joseph Paris, pendant que Giacometti et d’autres feront leurs armes rue de la Grande Chaumière autour de laquelle gravitent les premiers photographes : Atget, Bérénice Abbott, Man Ray (dont Kiki deviendra la compagne) etc.

Tout ça pour vous dire que j’ai trouvé cette balade passionnante. Même si, va savoir pourquoi, ce genre de visite de ne plaît visiblement qu’au troisième âge qui ne cesse d’ailleurs de répéter tout le long de la visite : « hein ? Qu’est-ce qu’il dit ? ». Il faut croire qu’à moins d’être blogueuse parisienne, les jeunes s’intéressent plus à rien (tout se perd ma bonne dame).

Depuis, je jongle entre Paris est une fête, Aurélien d’Aragon et Bohèmes de Dan Franck et je me suis replongée avec délices dans cette époque où Montparnasse était le centre du monde!


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